Parmi les nombreux problèmes qui se posent à l'humanité en ce début de siècle, certaines inquiétudes ont atteint leur paroxysme ces derniers mois : la crise de la dette des pays développés et celle de l'énergie. Pour l'une comme pour l'autre, il est question de survie de nos économies. Des événements dramatiques récents ont, en effet, accentué le phénomène et déclenché un vent de panique à travers la planète. Les graves dérives financières américaines d' il y a 3 ans ont remis en lumière les tares d'un système vivant depuis des années, avec un déficit colossal. Sans arriver à un tel niveau, la situation en Europe se révèle jour après jour tout aussi préoccupante. Même s'il n'y a pas de lien avec l'autre grande catastrophe aux conséquences encore mal évaluées : le tsunami japonais hypothéquant sérieusement l'avenir du nucléaire à travers le monde, l'ampleur du défi à relever dans les 2 cas est comparable. La France est particulièrement exposée à cette double menace du fait de son implication bancaire en Grèce et de sa politique énergétique du "tout nucléaire".
Tandis que les économistes de tout bord et les scientifiques les plus réputés ont bien du mal à proposer des solutions viables et pérennes aux hommes politiques, n'y-a-t-il pas une place pour une initiative basée sur l'utilisation d'une ressource naturelle encore très peu exploitée que tout individu serait capable de restituer selon ses possibilités : celle du don de sa personne et de ses biens ? Appliquer un traitement de choc, dans une situation exceptionnelle que le pays a rencontrée naguère dans des circonstances sans doute plus dramatique mais tout aussi imprévisibles.
Des échos d'actions philanthropiques de grosses fortunes nous parviennent d'outre atlantique, parmi lesquelles se distinguent Bill Gates et Warren Buffet faisant naître un incroyable élan de générosité. L'exubérance dans l'étalage de ses richesses n'est pas vraiment le style de nos concitoyens et en corollaire leur participation à des actions caritatives se font bien souvent dans la discrétion. Il faut dire que la législation nationale en matière de transmission du patrimoine n'est pas vraiment incitative.
Les besoins sont énormes pour soulager toutes les misères du monde. Une démesure que l'on découvre soudainement à notre porte pour sortir la Grèce du gouffre financier mais aussi dans nos propres déficits. Chaque année, l'émission du téléthon reste l'un des événements médiatiques le plus important. Pendant 3 jours on observe une mobilisation admirable du moindre petit village, heureux d'apporter une contribution physique et financière à une catégorie de français particulièrement éprouvée par l'existence. Malgré tous ces efforts, le montant des promesses de don peine à franchir les 100 millions d'euro et reste bien en deçà des besoins de la recherche. Ils paraissent encore bien plus dérisoires à côté des chiffres vertigineux qui jalonnent les affaires financières depuis quelques temps. Il faut se rappeler en premier lieu des 5 milliards malencontreusement "perdu" par notre trader national Jérôme Kerviel. Presqu'une goutte d'eau dans l'océan des transactions boursières réalisées sur internet. L'autre exemple plus terre à terre est à l'actif d'un interminable feuilleton qu'une certaine Liliane Bettencourt a déclenché bien malgré elle avec le milliard d'euros qu'elle aurait octroyé à son compagnon. Ce n'était pourtant qu'une petite partie d'une fortune évalué à 17,5 milliards qui la situe au 3ème rang du classement des "500" réalisé par Challenges en août dernier. Sous le feu des projecteurs et le harcèlement médiatique, on comprend mieux cette brusque augmentation du capital de 180 millions jugé famélique de la fondation Bettencourt Schueller. D'autres voix sympathiques se font entendre qui laissent entrevoir une brèche providentielle dans le mur d'indifférence qui entoure une bonne partie des détenteurs de la richesse nationale.
C'est le moment d'accompagner ces bienfaiteurs qui souvent s'ignorent, en proposant une vaste opération du style Téléthon mais à la puissance 10, avec en plus l'idée de récupérer l'immense implication musculaire des participants. Une belle occasion se présente pour innover dans le domaine de la production des énergies renouvelables sous toutes ses formes et la solution du vélo-générateur semble prometteuse. Imaginons que tous les gymnases de France et de Navarre et autres lieux de maintien de la forme physique, mettent à la disposition de la population de tels équipements pendant 3 jours ... Pour des opérations expérimentales en cours, EDF est prête à payer 0,58 euros le kwh. On estime qu'en moyenne un individu développe une puissance de 100 W pouvant atteindre 400 W. En tenant compte des foyers équipés, on peut partir sur une hypothèse de 10 millions de pédaleurs petits et grands, cela nous fait une production de 100 x 10 M x 72 = 72000 Mwh. Soit un gain de 0,58 x 72 x 10 p 6 arrondi à 42 millions d'euros .
Gageons que ce résultat déjà très bon, fasse naître de nouveaux challenges d'activités physiques bénéfiques pour la santé (donc pour la sécu), avec une production énergétique, salutaire pour la nation, qui feraient tourner encore plus rapidement les compteurs des Kwh.
C'est un pari un peu fou mais n'est-ce pas ainsi que Vincent Bolloré parle de son projet de batterie électrique LMP. Le stockage de l'électricité produite est, de fait, une des composantes technologiques à étudier dans notre projet. L'intérêt que l'on peut porter à notre médiatique industriel breton serait double puisqu'il vient de se hisser à la dixième place des fortunes de France ...
C'est ainsi qu'un grand rendez-vous annuel verrait le jour: le TéléTronc. Un nom de baptême qui évoque à la fois la formidable aventure du Téléthon et cette petite urne chargée de recueillir depuis des siècles les oboles à l'entrée des églises et rendue célèbre par Bourvil dans le film "Un drôle de paroissien". Humour et musique ne doivent pas être absentes de ce qui pourrait devenir une grande fête nationale dans la continuité des actions menées notamment dans le milieu artistique. Notre tronc se remplirait d'autant plus aisément que le message trouverait un écho auprès de l'une des communauté de millionnaires la plus importante au monde à qui on pourrait, sans complexe, poser la question : qui veut donner des millions ?
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